Quelles études faut-il faire pour devenir notaire ?

Quelles études faut-il faire pour devenir notaire ?

Devenir notaire demande huit années d'études après le baccalauréat, réparties entre une licence de droit, un master et une formation professionnelle rémunérée au sein d'un office. Dans mon expérience de responsable de formation, j'ai vu passer des dizaines de candidatures de jeunes diplômés en droit notarial, et la question du parcours revient presque toujours en premier : combien de temps, quel bac choisir, quelle voie privilégier. Voici comment s'articule ce chemin, du lycée jusqu'à la nomination par le ministère de la Justice.

Quelles études pour devenir notaire ?

Le parcours démarre par une licence de droit (bac+3), passage obligé quelle que soit la suite. Vient ensuite un master en droit (bac+4 puis bac+5), qui donne accès au DESN, le diplôme d'études supérieures de notariat. Depuis le décret du 7 octobre 2022, ce diplôme unique a remplacé les deux anciens parcours, le DSN universitaire et le DN professionnel, qui ne sont plus ouverts aux nouvelles inscriptions.

Deux portes mènent au DESN. Un master mention droit notarial conventionné avec l'Institut national des formations notariales (INFN) donne un accès de plein droit à la formation. Un master en droit plus généraliste reste possible, mais l'admission se fait alors sur dossier. Dans les deux cas, la formation dure vingt-quatre mois, réalisée en alternance entre enseignements à l'INFN et stage rémunéré en office. Le statut, pendant cette période, est celui de « notaire stagiaire » ; un rapport de stage, soutenu devant un jury, conclut le cursus.

Une autre voie existe pour les professionnels déjà en poste : l'examen de contrôle des connaissances techniques (ECCT), ouvert après plusieurs années d'expérience en office et une préparation dédiée de deux ans. Elle est détaillée plus loin, dans les critères d'admission.

Il existe aussi un chemin plus court, accessible dès le bac+2 avec le BTS Collaborateur juriste notarial. Il ne mène pas directement au métier de notaire, mais ouvre les portes de métiers proches, comme clerc de notaire ou assistant notarial, souvent avant une reprise d'études vers le master.

Les différentes étapes d'étude pour devenir notaire

Pour résumer les grandes étapes du parcours :

  • Bac général, recommandé mais non obligatoire
  • Licence en droit (bac+3)
  • Master 1 en droit (bac+4)
  • Master en droit, idéalement mention droit notarial (bac+5)
  • DESN, diplôme d'études supérieures de notariat, vingt-quatre mois en alternance

Au total, comptez sept à huit ans après le bac pour obtenir le DESN et prêter serment devant le tribunal judiciaire.

Quelles études pour devenir notaire ?

Quel bac pour études notariales ?

Aucun bac spécifique n'est exigé pour s'inscrire en licence de droit, mais certains choix facilitent l'entrée et la réussite des premières années. Le bac général reste la voie la plus empruntée par les futurs juristes.

Les enseignements de spécialité qui préparent le mieux à ces études sont l'histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP), les sciences économiques et sociales (SES) ou encore humanités, littérature et philosophie (HLP). Ces matières développent la culture générale et l'esprit d'analyse, deux qualités attendues sur Parcoursup comme dans les amphithéâtres de droit.

Le bac technologique STMG, plus rare sur ce parcours, garde un intérêt réel pour qui vise d'abord un BTS notariat plutôt qu'une licence classique : son contenu en gestion et en droit colle davantage à ce type de formation courte.

Les bacs les plus adaptés pour suivre des études notariales

En clair, un bac général avec des spécialités tournées vers le droit, l'économie ou les sciences politiques reste le choix le plus sûr pour viser une licence puis un master. Le bac STMG garde sa place pour les étudiants qui préfèrent une entrée directe en BTS.

Quels sont les débouchés après des études notariales ?

Un cursus notarial n'aboutit pas uniquement au titre de notaire. Plusieurs métiers restent accessibles à différents niveaux de diplôme, et certains servent de tremplin vers le DESN.

  • Clerc de notaire ou assistant notarial : soutien direct au notaire, gestion des rendez-vous, préparation et mise en forme des actes.
  • Négociateur immobilier : intermédiaire entre acheteur et vendeur, estimation du bien, organisation des visites, suivi de la transaction.
  • Juriste ou collaborateur de notaire : rassemble les pièces administratives, suit les dossiers en cours et accompagne le notaire dans la rédaction des actes.

Les différents postes accessibles après des études notariales

Ces métiers offrent souvent une première expérience avant de viser le DESN, ou constituent une carrière à part entière pour ceux qui préfèrent rester en soutien plutôt que d'endosser la responsabilité d'officier public. C'est aussi par ce type de poste que passe la voie interne, décrite plus bas.

Quels sont les débouchés après des études notariales ?

Combien gagne un notaire à la sortie de ses études ?

La rémunération dépend d'abord du statut. Un notaire salarié débute en général autour de 3 000 euros brut par mois, puis évolue selon l'office et la région. Un notaire libéral, titulaire ou associé de son étude, dépend quant à lui du chiffre d'affaires de l'office : le ministère de l'Économie évalue le revenu mensuel net moyen entre 15 000 et 20 000 euros, avec de fortes disparités selon la taille de l'étude et son emplacement.

Cet écart s'explique surtout par l'investissement de départ. Racheter une étude ou en créer une suppose un apport conséquent, alors que le statut salarié permet d'exercer sans ce capital initial. Dans mon expérience de responsable de formation, c'est souvent ce paramètre financier, plus que le niveau d'études lui-même, qui oriente le choix entre les deux statuts en fin de parcours.

Quels sont les critères pour être accepté dans une école notariale ?

Les conditions d'entrée varient selon le niveau visé.

  • Un baccalauréat suffit pour candidater en BTS Collaborateur juriste notarial ou en licence de droit.
  • Un bac+3 (licence) est requis pour intégrer un master en droit.
  • Un bac+4 ou bac+5 en droit conditionne l'admission à l'INFN, selon la voie choisie.
  • Des conditions de nationalité, de probité et de moralité s'ajoutent, propres à une profession d'officier public nommé par le ministère de la Justice.

Les critères de sélection pour intégrer une école notariale

L'admission à l'INFN se joue sur dossier et entretien, pas sur concours. La sélection porte autant sur le parcours académique que sur la motivation et la compréhension du métier, deux points sur lesquels j'insiste toujours quand j'accompagne de jeunes candidats en reconversion vers le droit.

La voie interne évoquée plus haut correspond à cet ECCT : elle s'adresse aux collaborateurs d'office ayant neuf ans d'expérience professionnelle, dont six après un diplôme de premier clerc ou de l'Institut des métiers du notariat. Le dossier de candidature doit être envoyé avant le 1ᵉʳ mai à la direction des affaires civiles et du sceau, et deux années de préparation sont exigées avant de passer l'examen. C'est un chemin plus long en apparence, mais il évite de reprendre un master à temps plein en cours de carrière.

Si votre licence de droit se termine cette année, le bon réflexe reste de vérifier dès maintenant si votre master ouvre un accès de plein droit au DESN, ou de préparer un dossier de candidature pour un master en droit suivi d'une admission sur dossier à l'INFN.

Article rédigé par Arnaud Deschanel