Quels débouchés après une licence de philosophie ?

Quels débouchés après une licence de philosophie ?

Les débouchés d'une licence de philosophie couvrent l'enseignement, la culture, la communication, l'administration publique ou le secteur associatif, à condition de construire un projet professionnel dès la première année. Ce diplôme n'est pas un aboutissement en soi. C'est la spécialisation choisie en master, l'option d'une bi-licence ou les stages menés en parallèle qui dessinent, au fil des trois ans, un chemin vers un métier précis.

Dans mon expérience de responsable de formation, je vois régulièrement passer des CV de diplômés en philosophie qui peinent à traduire leurs compétences en langage recruteur. Pourtant, la capacité à lire un texte difficile, à construire une argumentation solide ou à synthétiser une masse d'informations reste recherchée bien au-delà de l'enseignement.

Pourquoi faire une licence de philosophie ?

Le choix d'une licence de philosophie à l'université répond à plusieurs logiques, rarement les mêmes d'un étudiant à l'autre.

  • Une culture générale large, qui dépasse la philosophie pure : arts, histoire, sciences, et souvent une ou plusieurs langues.
  • Une maîtrise fine de la lecture, de l'analyse et de l'écriture, y compris à l'oral.
  • La possibilité, via une bi-licence, de suivre un double parcours et d'élargir ses débouchés dès la première année.

Quels sont les métiers liés à la philosophie ?

Associée à une licence psychologie ou à une autre spécialité en bi-licence, la philosophie construit un socle intellectuel qui ouvre sur plusieurs familles de métiers : l'enseignement, après un CAPES ou une agrégation, la psychologie et les métiers de l'accompagnement, la culture et le patrimoine, l'édition, la communication, les médias, l'administration publique, l'aménagement du territoire, le travail social et humanitaire, ou la recherche pour ceux qui poursuivent en doctorat. Ce sont les métiers vers lesquels s'orientent le plus souvent les diplômés en licence de philosophie, sans que la liste soit fermée. Les compétences acquises, argumentation, rigueur, sens critique, se recyclent dans bien d'autres secteurs, notamment les ressources humaines et la rédaction professionnelle.

Peut-on trouver un emploi directement après la licence, sans poursuite d'études ? Rarement dans un poste correspondant à trois années de spécialisation philosophique. La plupart des débouchés cités demandent un master, un concours ou une formation complémentaire. La licence seule reste avant tout un tremplin méthodologique.

Quels sont les avantages d'une licence de philosophie pour une réussite professionnelle ?

Une formation à la réflexion et à l'écriture :

Les études de philosophie développent des qualités littéraires, mais on oublie souvent les compétences scientifiques apportées par la formation, en particulier via l'option bi-licence. L'étudiant apprend à rédiger un texte intelligible en français, parfois dans une autre langue, et à construire un raisonnement clair à partir d'une question complexe. Ces aptitudes d'analyse et de synthèse sont recherchées dans un grand nombre de métiers, à condition de savoir les présenter concrètement lors d'un entretien : donner un exemple de dissertation menée sous contrainte de temps parle davantage à un recruteur qu'une liste de qualités.

Un talent pour la lecture et un talent pour la compréhension :

Quelle que soit l'option choisie, les cours de licence de philosophie confrontent l'étudiant à des textes longs et exigeants. Trois années passées à décortiquer ce type de matière donnent une vraie capacité à s'atteler à des dossiers complexes, ce qui compte pour des postes demandant un haut niveau de culture générale ou de rigueur. Un candidat qui postule en entreprise a intérêt à mettre en avant cette qualité, acquise grâce aux études et aux crédits ECTS obtenus, plutôt que de la laisser implicite sur un CV.

Une disposition multidisciplinaire :

La licence de philosophie a pour particularité de nourrir la réflexion des étudiants sur des sujets très divers. Ce n'est pas de l'érudition gratuite, mais une caractéristique du programme lui-même : histoire, sciences, esthétique, politique s'y croisent en permanence. Avec l'option bi-licence et les crédits ECTS, la formation convient à un étudiant curieux, capable de fournir un travail de compréhension et d'analyse sur des matières éloignées les unes des autres. Cette souplesse d'esprit compte, elle aussi, dans la vie professionnelle, notamment pour des postes transverses en entreprise.

Une formation bi-licence :

À Strasbourg, à Bordeaux, à Paris 4 ou ailleurs, les facultés de philosophie proposent souvent aux étudiants de s'engager dans une double licence. Cette option pèse sur un CV. En plus de la philosophie, une seconde discipline s'ajoute au choix : histoire, droit, finance, entre autres. La double licence n'est pas une version allégée des deux formations. Elle demande un bon niveau et une grande capacité de travail, en cohérence avec les crédits ECTS exigés. Une bi-licence de philosophie a-t-elle plus de valeur sur le marché du travail ? Dans mon expérience de recrutement de jeunes diplômés, oui : elle signale une capacité à mener deux cursus de front, ce qui compte autant que le contenu des cours eux-mêmes.

Un étudiant qui termine une licence de philosophie détient un niveau recherché sur le marché du travail, à condition de savoir le formuler. Les raisons tiennent à des dispositions concrètes : analyse, synthèse, rigueur, goût de l'effort, apprentissage d'une langue, aisance face à des dossiers complexes. Reste à transformer ces atouts en éléments de CV lisibles pour un recruteur, en s'appuyant sur les crédits ECTS, l'option bi-licence et, si besoin, un premier stage ou une première expérience associative pour donner de la matière concrète à ce parcours.

Article rédigé par Arnaud Deschanel