La formation en conseiller funéraire, du diplôme au premier poste

La formation en conseiller funéraire, du diplôme au premier poste

La formation conseiller funéraire dure, selon les organismes, entre 210 et 290 heures, et débouche sur un diplôme national obligatoire pour exercer. Dans mon expérience de responsable de formation, c'est justement ce point qui perd le plus de candidats : les offres se ressemblent toutes en apparence, mais les durées, les modalités d'examen et les financements varient d'un centre à l'autre. Voici de quoi comparer sans se faire piéger par une brochure trop optimiste.

Qu'est-ce qu'un conseiller funéraire ?

Le conseiller funéraire fait le lien entre la famille d'un défunt et l'entreprise de pompes funèbres. À l'annonce d'un décès, les proches sont souvent déboussolés : il faut organiser l'inhumation ou la crémation, gérer les démarches administratives, envoyer les faire-part, choisir le bon contrat obsèques. Le conseiller prend en charge tout cela, en même temps qu'il rassure une famille pour qui rien de tout ça n'est familier.

  • Le choix des fleurs et des vases
  • Les plaques funéraires
  • La coordination avec le thanatopracteur
  • L'organisation du transport

Il tient aussi un rôle commercial : vendre les prestations de l'entreprise fait partie du métier, qu'on l'assume ou non, et une bonne part du chiffre d'affaires d'une agence de pompes funèbres passe par ce conseil de vente.

Pourquoi devenir conseiller funéraire ?

La perte d'un proche est une épreuve, et elle l'est doublement dans les premières heures. C'est le moment où la famille a le plus besoin d'un appui, et c'est pourtant celui où elle doit déjà affronter des obligations administratives et matérielles. Peu de gens ont l'expérience d'une telle organisation. Le métier s'exerce sous une charge émotionnelle réelle, mais cette pression n'est pas un défaut, elle en fait le sens : elle pousse à tenir une cérémonie debout quand tout semble s'effondrer autour, et à écouter quelqu'un dans l'une des pires journées de sa vie.

Pourquoi faire le métier de conseiller funéraire ?

Quel diplôme faut-il pour devenir conseiller funéraire ?

Contrairement à beaucoup de métiers du conseil, celui-ci n'est pas ouvert à qui veut s'y essayer. Un diplôme national encadre la profession, et personne ne peut exercer durablement sans l'avoir obtenu.

Le diplôme national RNCP 36840

Le diplôme de conseiller funéraire est inscrit au répertoire national des certifications professionnelles sous le numéro RNCP 36840, délivré par le ministère de l'Intérieur. Il encadre l'organisation des obsèques, le conseil aux familles et la réglementation funéraire, conformément au décret du 30 avril 2012 modifié en 2020.

Un délai de douze mois pour l'obtenir

Un point surprend souvent les candidats : il est possible de commencer à travailler comme conseiller funéraire avant d'avoir le diplôme en poche. La loi laisse douze mois, à compter de la prise de poste, pour l'obtenir. Sans ce diplôme dans les temps, l'employeur perd l'habilitation préfectorale nécessaire à l'exercice de son activité, ce qui met sa responsabilité en jeu autant que celle du salarié.

Les équivalences pour les maîtres de cérémonie

Une personne déjà diplômée comme maître de cérémonie peut suivre une formation allégée pour obtenir une mise à niveau vers le diplôme de conseiller funéraire, plutôt que de repasser l'intégralité du cursus. Un stage d'immersion préalable dans une agence funéraire est généralement recommandé pour confirmer le choix d'orientation.

Combien de temps dure la formation de conseiller funéraire ?

Une durée qui varie fortement selon l'organisme

C'est là que les offres divergent le plus. Certains organismes annoncent 210 heures (140 h de théorie et 70 h de stage), d'autres montent à 280, 290 ou même 332 heures en ajoutant des modules complémentaires ou un stage plus long. Le socle réglementaire reste proche d'un organisme à l'autre ; ce qui change, c'est le volume d'heures encadrées et la part laissée à l'e-learning autonome.

Format Durée constatée Organisation
Présentiel classique Environ 210 h (140 h théorie + 70 h stage) Cours en centre, stage en agence funéraire
Blended learning 280 à 332 h Présentiel réduit, e-learning synchrone et asynchrone, stage en entreprise
100 % à distance 150 à 290 h Cours en ligne, classes virtuelles, examen final en présentiel

Un écart de plus de 100 heures entre deux brochures ne veut donc pas dire qu'un organisme est plus sérieux qu'un autre : mieux vaut comparer le contenu des modules et la durée réelle du stage que le seul nombre d'heures affiché.

Présentiel, distanciel ou blended learning

Le présentiel reste la formule la plus encadrée, avec un formateur en salle et un rythme imposé. La formation à distance demande en revanche une vraie autonomie : un ordinateur, une connexion stable et la capacité à suivre des cours en visioconférence sans décrocher. Le blended learning tente de concilier les deux, avec des semaines en centre et des modules à faire depuis chez soi.

Comment se déroule l'examen de conseiller funéraire ?

L'examen final combine un questionnaire à choix multiples et un oral devant un jury de quatre personnes désignées par la préfecture. Chaque épreuve comporte une note éliminatoire : en dessous d'un certain seuil à l'écrit ou à l'oral, le candidat échoue quel que soit son résultat global. Le rapport de stage rédigé pendant la formation sert souvent de base à l'entretien oral, ce qui donne tout son poids à la période passée en agence.

Comment financer sa formation de conseiller funéraire ?

Le prix affiché sur une brochure n'est presque jamais le prix réellement payé par le candidat. Plusieurs dispositifs permettent de couvrir tout ou partie du coût.

Le CPF

Le compte personnel de formation reste le levier le plus utilisé pour ce diplôme, qui figure au RNCP et est donc éligible. Les droits acquis au fil d'une carrière salariée peuvent couvrir une bonne partie, voire la totalité, du parcours.

France Travail pour les demandeurs d'emploi

Un demandeur d'emploi peut solliciter son conseiller pour un montage de financement, en mobilisant ses droits CPF ou d'autres aides régionales. Le passage par un rendez-vous d'information préalable est parfois exigé avant l'inscription définitive.

Le contrat de professionnalisation et l'alternance

Certaines entreprises de pompes funèbres recrutent directement en alternance et financent la formation en interne, avec un salarié qui suit les cours tout en étant déjà en poste. C'est souvent la voie la moins coûteuse pour le candidat, mais elle suppose de trouver l'employeur avant de démarrer le parcours, et non l'inverse.

Quelles sont les voies d'accès au métier ?

La formation initiale et le BTS NDRC option funéraire

Pour les étudiants, un BTS négociation et digitalisation de la relation client comportant une option conseiller funéraire existe, notamment au lycée Roger Verlomme à Paris. Il peut se poursuivre par un diplôme universitaire de droit funéraire pour ceux qui veulent aller plus loin sur le plan juridique.

La reconversion professionnelle

La majorité des candidats que je croise sur ce type de parcours viennent d'un premier métier sans rapport avec le funéraire : commerce, hôtellerie, aide à la personne. Aucun diplôme préalable n'est exigé pour entrer en formation, seul le niveau bac est parfois recommandé pour suivre plus facilement les modules réglementaires.

Quelles compétences la formation permet-elle de développer ?

L'empathie et de bonnes aptitudes relationnelles sont attendues chez tout conseiller funéraire. Il faut aussi une vraie capacité d'adaptation, un sens de l'organisation solide, et la faculté de gérer le stress dans des situations chargées émotionnellement.

  • L'empathie et l'écoute active
  • Le sens de l'organisation
  • Un bon équilibre émotionnel
  • Le sens commercial
  • La maîtrise des outils numériques pour le suivi des dossiers

Les compétences interpersonnelles sont essentielles.

L'écoute et la diplomatie aident à gérer les tensions qui peuvent naître autour des dernières volontés d'un défunt. Ce n'est pas rare : certaines familles se déchirent au moment même où elles devraient se soutenir, et le conseiller doit alors tenir un rôle presque de médiateur, sans jamais prendre parti.

Quelles sont les compétences nécessaires pour exercer le métier de conseiller funéraire ?

Quels débouchés et quelle rémunération après le diplôme ?

En début de carrière, la rémunération avoisine le smic, avec des primes d'astreinte pour les nuits, les week-ends et les jours fériés qui viennent compléter le salaire de base. Elle évolue ensuite avec l'expérience, la localisation et la taille de l'entreprise. Le diplôme de conseiller funéraire ouvre aussi l'accès aux fonctions de maître de cérémonie ou de porteur-chauffeur-fossoyeur, sans repasser d'examen supplémentaire.

Des évolutions de carrière réelles

Certains conseillers se spécialisent dans la prévoyance obsèques ou la gestion des contrats d'assurance, d'autres visent une formation complémentaire de dirigeant d'entreprise funéraire, accessible directement après le diplôme de conseiller. Avant de choisir un organisme, mieux vaut vérifier ses dates de session à jour et les conditions exactes de prise en charge CPF : c'est souvent là que se joue la faisabilité réelle du projet, bien plus que sur le papier.

Article rédigé par Arnaud Deschanel